Thriller 2: la vidéo ! (ou presque…)

Souvenez-vous, en 2007, les détenus de la prison de Cebu, aux Philippines, avaient marqué les esprits de tous avec leur “libre interprétation” filmée du clip de Michael Jackson, «Thriller».

Après le décès du chanteur, ils ne pouvaient que remettre cela! Ainsi samedi matin, ils lui ont rendu hommage une nouvelle fois, dans la cour de promenade de la prison. Ils étaient 1.500 détenus pour entonner certains des grands hits du King of Pop, de “I’ll be there” à “We are the World”.

Voici donc la nouvelle vidéo… un hommage bien sympathique:

Le sang de Bhutto sur les doigts de Musharraf ?

Le Times du 28.12.2007 Benazir Bhutto, ancien Premier ministre du Pakistan, a été assassinée d’une balle dans la tête et d’une balle dans le thorax, le 27 décembre, dans la ville de Rawalpindi, dans un attentat-suicide qui aura également coûté la vie à plus de 20 personnes. Elle avait déjà réchappé de justesse à une explosion lors de son retour d’exil le 18 octobre dernier qui a tué plus d’une centaine de ses supporters.

Quelques heures plus tôt, dans un quartier de la capitale Islamabad, quatre personnes avaient également été tuées dans des échanges de tirs durant une réunion électorale de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif (destitué par le coup d’Etat de l’actuel président Pervez Musharraf en 1999, mais rentré au pays le 25 novembre dernier). Selon des témoins, les coups de feu provenaient d’un bâtiment appartenant au parti soutenant le président Musharraf. Mais le drame s’était heureusement produit avant l’arrivée de Sharif.

A tout juste deux semaines des législatives qui doivent se tenir dans le pays, ces violentes attaques et surtout l’assassinat de Benazir Bhutto tournent le Pakistan dans une spirale infernale. Mais à qui profite ce dernier crime ? Comme l’affirme Frank Gardner, journaliste à la BBC et spécialiste des sujets de sécurité, il est encore trop tôt pour faire toute la lumière sur la mort de Benazir Bhutto. Il existe cependant actuellement deux théories, mais elles demeurent pour l’instant bien vides de preuves.

L’HYPOTHÈSE “AL-QAIDA – TALIBANS”

La première théorie, celle soutenue par le gouvernement pakistanais, voudrait que le meurtrier de Bhutto ait été envoyé par Al-Qaida ou par les Talibans, voire les deux.

Il est vrai que Benazir Bhutto avait à plusieurs reprises, et encore récemment, montré son engagement contre le terrorisme et en particulier fait part de son intention, si elle était élue, d’offrir aux Américains la possibilité de bombarder les montagnes triballes pakistanaises depuis lesquelles les Talibans et Al-Qaida fomentent des attentats terroristes au Pakistan et dans le reste du monde, mais aussi où ils forment leurs futurs kamikazes dans des camps d’entraînement secrets.

L’HYPOTHÈSE “MUSHARAF – SERVICES SECRETS”

Pervez Musharaf est devenu chef de l’Etat au Pakistan à la suite d’un coup d’Etat militaire en 1999. Ce militaire autoproclamé président a, depuis les attentats du World Trade Center à New York, été l’un des alliés de la Maison-Blanche les plus visibles dans la lutte contre le terrorisme. Musharaf avait alors trouvé en George W. Bush le moyen de paraître comme quelqu’un d’extrêmement respectable auprès de la communauté internationale.

Mais les rumeurs sur des liens entre les services secrets pakistanais et le réseau terroriste Al-Qaida d’Oussama Ben Laden n’ont cessé de se répandre. Comme le rapportait le quotidien britannique The Guardian en juillet 2004. Et s’il a un temps promis aux Américains que le tri avait été fait et les brebis galeuses écartées des services secrets, des doutes demeurent.

D’autres doutes concernant son intégrité et son respect de la démocratie sont apparus lorsqu’il décida le 3 novembre 2007 de suspendre la Constitution, de déclarer l’Etat d’urgence, l’arrestation des juges de la Cour suprême du pays et d’empêcher toutes retransmissions TV, radios et téléphoniques, sans oublier l’arrestation de figures politiques dans le pays. Un épisode qui offra au monde un autre visage du général-président : le visage d’un dictateur en puissance.

Le retour de Benazir Bhutto au pays était certainement vu par beaucoup comme un effort de l’armée (et donc de Musharaf, puisque chef des armées) pour isoler les forces religieuses extrémistes et leurs militants. Mais après son refus de s’allier avec le président dans un gouvernement d’alliance nationale et son émergence comme la plus puissante candidate aux élections de janvier 2008 (et par conséquent, immédiate rivale de Musharaf, et non son alliée), l’on peut s’interroger sur la force des probables ressentiments des partisans de Musharaf, voire de Musharaf lui-même, envers Bhutto. Est-ce la une raison suffisante pour vouloir lui faire peur, la faire taire, la tuer ? Peut-être.

BHUTTO… KENNEDY…

Les supporters de Benazir Bhutto ne sont pas convaincus par la théorie du gouvernement accusant Al-Qaida, d’autant que l’ancien Premier ministre, elle-même, avait accusé les services secrets pakistanais d’implication dans la tentative d’assassinat d’octobre dernier. Al-Qaida, les talibans, Musharaf, les services secrets… autant de pistes qui n’aboutiront probablement jamais à une simple vérité. La preuve en est que pratiquement 45 ans après son assassinat à Dallas, personne ne sait aujourd’hui qui avait ordonné la mort de John F. Kennedy…

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Birmanie : la chasse aux journalistes étrangers

Kenji Nagai, le journaliste victime du régime birmanLa chaîne de télévision japonaise Fuji TV a diffusé une vidéo ce vendredi montrant Kenji Nagai, un journaliste japonais assassiné par un soldat de la junte militaire birmane. Le journaliste a été retrouvé mort jeudi, lors du deuxième jour de répression en Myanmar (nom officiel de la Birmanie). Et selon les images, il aurait été tué à bout portant, d’une balle en plein cœur.

Les images de Fuji TV montrent tout d’abord des soldats chargeant contre des manifestants dans les rues de Rangoun. Puis lors d’un zoom de la caméra, on aperçoit un militaire qui pousse un homme à terre - le journaliste japonais portant un bermuda et des sandales – avant que l’image ne soit masquée par les arbres. Bien qu’étalé sur le sol, le journaliste tente de récupérer sa caméra, mais un soldat pointe son arme vers lui, puis une détonation retentit. Kenji Nagai est tué froidement. Le militaire repart ensuite à la poursuite de manifestants.

Une balle dans le cœur, ressortie par le dos.

Selon la chaine nippone, la vidéo prouve que Kenji Nagai n’a pas été victime d’une balle perdue, mais d’un assassinat. Le médecin de l’ambassade du Japon en Birmanie a par ailleurs affirmé que la balle qui l’a tué lui avait transpercé le cœur avant de sortir par le dos.

Kenji Nagai, 50 ans, était un photojournaliste employé par l’agence audiovisuelle japonaise APF News. Habitué des zones de conflit comme le Moyen-orient, il était arrivé en Birmanie deux jours avant que la junte militaire birmane n’attaque les manifestants. Professionnel jusqu’au bout et bien qu’à terre et grièvement blessé, Nagai a semble t-il continué à prendre des photos avec son appareil jusqu’à son dernier souffle.

Reporters Sans Frontières (R.S.F.) a évidemment condamné le meurtre de Nagai affirmant que, parce qu’il avait un appareil photo dans les main au moment de l’attaque, il s’était identifié comme étant un journaliste. L’organisation et la Burma Media Association ont par ailleurs demandé au nouveau nouveau Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, d’imposer des sanctions au régime militaire tant que les auteurs de cet assassinat n’auront pas été jugés. Ce dernier, s’il a également condamné cet assassinat et demandé des explications au gouvernement birman qui a lui affirmé que Nagai avait été victime d’une simple balle perdue, a écarté la mise en place de sanctions.

Black out et chasse aux journalistes étrangers

R.S.F. a par ailleurs fait savoir que selon ses sources, “tous les cafés Internet ont été fermés et les militaires chassent les journalistes étrangers qui continuent à travailler sur le terrain. Au moins l’un d’entre eux a été contraint de se réfugier dans une ambassade et un autre d’entrer dans la clandestinité.” L’organisation a également ajouté que “des journalistes présents à Rangoon ont expliqué qu’il était pratiquement impossible d’accéder au centre-ville. Certains ont été témoins de plusieurs arrestations et de violences contre des civils. Toujours selon ces témoignages, de nombreux groupes de manifestants continuent de se former.”

Ce 30 septembre, le correspondant birman du quotidien japonais Tokyo Shimbun et trois jeunes journalistes birmans ont été arrêtés par les forces de sécurité de la junte militaire. Des arrestations portant maintenant à dix le nombre de journalistes emprisonnés en Birmanie. Au total, depuis le début des manifestations il y a un mois, plus de mille personnes ont été arrêtées, dont les moines pacifistes qui furent à l’origine des événements.

Pour comprendre ô combien la Birmanie respecte les droits de l’homme et la liberté d’expression, dans ce pays un journaliste peut écoper de sept ans de prison pour le simple fait de posséder, sans autorisation, un fax, une caméra vidéo, un modem ou un exemplaire d’une publication interdite…

Lisez le rapport 2006 de Reporters Sans Frontières… (page 66 – Birmanie)

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