Après avoir observé depuis quelques jours sur les réseaux sociaux les appels de différents candidats aux élections législatives françaises à l’étranger à aller discuter avec eux, les uns dans des cafés, les autres dans des parcs et dans différents autres lieux publiques, un peu partout dans le monde – alors même que le scrutin pour les Français votant sur internet de l’étranger venait de débuter, le 23 mai dernier – je me suis soudainement posé une question :
« Combien même le scrutin du vote sur internet dure une semaine, les candidats ne sont-ils pas supposés garder le silence durant tout le scrutin, comme dans toute élection en France ? »
J’ai alors contacté deux candidates pour en savoir plus.
La première, Anne-Marie Wolfsohn, avocate et candidate indépendante pour l’Europe du Nord. Elle communiquait elle-même beaucoup sur internet durant le scrutin.
Sur Twitter, elle m’a répondu « Règles pas claires. En tous cas A. Lemaire s’est exprimée hier à Londres à King’s college. »
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Je me suis donc empressé de poser la même question à Axelle Lemaire, candidate socialiste pour l’Europe du Nord, puisqu’elle aussi donnait rendez-vous aux électeurs ici et là.
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Après deux jours d’attente (c’est vraiment long Twitter !!!), celle-ci m’a finalement cordialement répondu… sur Facebook (je l’avais relancée sur le sujet !) : « Ce vote internet sans précédent lève des questions nouvelles comme la votre. Il ne semble pas que les textes actuels demandent le silence des candidats en dehors des jours de scrutin à l’urne. Peut être seront-ils modifiés dans le future. »
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Bref, une réponse en nœud de boudin !
Pour en avoir le cœur net, j’ai contacté les services du Ministère des Affaires Étrangères hier et leur réponse, reçu à l’instant, parle d’elle-même :
« Voici ce que dit le code électoral (Article L49 Modifié par LOI n°2011-412 du 14 avril 2011 – art. 4.)
A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de distribuer ou faire distribuer des bulletins, circulaires et autres documents.
A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est également interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale. »
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Toute communication des candidats à la députation durant le scrutin de cette élection législative est donc bien formellement interdite et totalement illégale.
Voilà qui pourrait entraîner, par voie de conséquence, une annulation de l’élection toute entière, si je ne me trompe.
Les candidats qui se présentent à cette élection veulent devenir les représentants des Français à l’étranger, des législateurs. Mais ceux qui doivent créer et voter les lois savent-ils eux-mêmes respecter la loi électorale ?
Le slogan de campagne du nouveau Président, François Hollande, était « Le changement, c’est maintenant ! » J’ignore si le changement c’est maintenant, mais il semble qu’en ce qui concerne l’hypocrisie des politiciens, il n’y a pas de changement !
Le vote des Français à l’étranger par internet pour les Législatives 2012 semblait une excellente idée. Pour la première fois, en effet, leur vote devait compter au point d’avoir une représentation directe à l’Assemblée nationale, avec 11 vrais députés élus qui siègeront au parlement.
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Le vote est ouvert du 23 au 29 mai 2012 pour le premier tour et du 6 au 12 juin 2012 pour le second tour. Cependant, dès son lancement, ce nouveau système du Ministère des Affaires Etrangères nous montre déjà ses limites.
Après avoir ouvert la page www.votezaletranger.gouv.fr et suivi les instructions à la lettre, hier matin, à l’ouverture du scrutin, je n’ai en effet eu de cesse de tenter d’accéder à mon compte personnel durant toute la journée, sans succès ! J’avais pourtant bien tapé mon identifiant personnel, reçu il y a quelques jours par la poste, et mon mot de passe, reçu par email.
Quel était le problème ?
Après chaque tentative de connexion, je pouvais lire un message sur mon écran :
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Qu’est-ce que c’est ?
J’ai donc décidé de contacter l’assistant du Ministère des Affaires Etrangères pour leur expliquer la situation et leur demander de m’aider. Aucune réponse. J’ai également décidé de contacter le Ministère à travers son compte Twitter.
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Très utile comme réponse ! “Vous pouvez consulter l’aide en ligne” ???? Et vous servez à quoi exactement avec votre compte Twitter ? A balancer les bonnes nouvelles du Ministre uniquement ? “La vie est belle.” “Le Ministère des Affaires Etrangères est heureux et tout va bien dans le meilleur des mondes.” ???
Finalement, ce matin, je reçois une réponse par email du Ministère. “Ils sont efficaces, les gars du Ministère !”
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Quelle belle erreur de jugement sur le Ministère ! Efficaces ?
On me dit donc que mon ordinateur (qui fonctionne avec Windows) a reçu la mise à jour d’un logiciel Java qu’il aurait mieux valu ne pas recevoir, car à présent, mon unique solution pour pouvoir voter… c’est d’aller utiliser un autre ordinateur !
Autre ordinateur qui, il est fort probable, aura également reçu cette mise à jour ! Et donc, impossible de voter ! Grrrrr…
Il semblerait, d’après ce que j’ai bien pu lire ce matin sur les réseaux sociaux, que mon problème n’est pas unique. Nombre de Français à l’étranger se trouvent dans la même situation !
J’ai bien essayé de retirer le logiciel Java de mon ordinateur pour réinstaller la version antérieure (comme l’explique quelqu’un sur Twitter), mais cette fois, j’obtenais un message du Ministère me disant qu’il me fallait mettre à jour ce même logiciel Java…
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… dont, je vous le rappelle, le Ministère nous affirme maintenant sur sa page officielle qu’il ne permet pas de voter !!!!!!!!
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Faut-il donc être Albert Einstein pour voter ? Car si c’est le cas, j’ai bien peur que beaucoup de personnes vont se retrouver sans solution et ne pourront finalement pas voter pour ces législatives !
En sachant qu’il y a eu une période de test avant l’ouverture du scrutin, hier, comment se fait-il que ni le Ministère des Affaires Etrangères, ni les compagnies impliquées dans le système du vote par internet, n’avaient prévu la mise à jour du logiciel Java ? Et surtout, comment se fait-il que, depuis l’ouverture du scrutin, hier matin, et les premiers messages d’électeur ayant des problèmes avec le logiciel Java (aussi bien sur Mac que Windows, d’ailleurs !), le système n’ait pas été mis à jour pour éviter le casse-tête des électeurs ?
Combien de millions d’euros, provenant du porte-monnaie des contribuables, ont été dépensés pour la création de ce système ?
Combien de millions d’euros, provenant du porte-monnaie des contribuables, ont été donnés à des compagnies qui semblent totalement incapables de prévoir une mise à jour, ou, au pire des cas, prévoir un plan B en cas de problème majeur ?
Combien de millions d’euros, provenant du porte-monnaie des contribuables, ont été dépensés dans cette aventure du « vote par internet » qui s’annonce comme certainement le plus grand fiasco du Ministère des Affaires Etrangères dans une élection !
Qui est responsable de ce fiasco ? Le précédent gouvernement (UMP) et le précédent Ministère des Affaires Etrangères (Alain Juppé) ? Certainement. Mais depuis la prise de fonction du nouveau gouvernement (PS), l’administration du nouveau Ministre (Laurent Fabius) est responsable du bon fonctionnement du Ministère et d’une telle organisation.
Si la boulette est de droite, la solution n’est pour le moment pas à gauche !
Le scrutin du premier tour est ouvert jusqu’au mardi 29 mai. Que va faire le Ministère des Affaires Etrangères d’ici-là ? Mystère ! Une bonne chose serait d’envoyer un email à tous les Français dont le Ministère sait qu’ils vont voter par internet et leur indiquer en quoi consiste le problème technique actuel et leur demander d’être patient pendant que le système reçoit une mise à jour !
Si je suis depuis toujours un fervent défenseur de la démocratie et du droit de vote en France et dans le monde, je ne suis malheureusement (ou heureusement d’ailleurs !) pas Ministère des Affaires Etrangères !
Contactez le Ministère des Affaires Etrangères sur Twitter : @francediplo
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Dernières mise à jour de l’article:
- 24 mai 2012, 17h00 : – Il semblerait finalement que le Ministère aurait une solution. Il suffirait de suivre la procédure décrite dans le document suivant : DOCU (pdf)
- 24 mai 2012, 17h22 : – La procédure fonctionne effectivement bien. Il m’a finalement été possible de voter sur internet ! Espérons simplement que tous les électeurs déçus de ne pas réussir à soumettre leur vote, hier et aujourd’hui, recevront l’information à temps et tenteront à nouveau de voter avant le 29 mai !
“Ma que cosa !!! Les Francesi se mettent à faire il cinema comme les Italiani !!!”
Bon, je l’avais dit avant le match aller Irlande-France, je supporterais l’Irlande dans ces deux matchs décisifs pour la qualification pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Etant Breton, je ne pouvais que supporter mes cousins celtes, c’est bien normal…
Pourquoi ne pas supporter l’Equipe de France ?
Tout simplement parce que je n’aime pas le style Domenech (en particuliers ses élucubrations concernant l’astrologie et l’importance du signe astrologique des joueurs qu’il sélectionne, etc.), tout comme je n’aimais pas le style Jacquet en 1998… et contrairement à beaucoup qui n’aimaient pas Jacquet en 1998 mais qui ont, depuis la victoire de la France, changé leur position sur le monsieur, je n’ai jamais changé d’avis et continue à penser que le sélectionneur de l’Equipe de France de 1998 n’avait ni le charisme, ni la stratégie pour porter ses joueurs vers la victoire finale. Victoire, il y a eu, mais ce fut entièrement le travail des joueurs, pas du tout celui d’Aimé Jacquet.
Qu’il gagne, qu’il perde, Raymond Domenech reste en place et à le soutient inconditionnel de la Fédération Française de Football. Son siège est bien chaud et il le restera. C’est probablement écrit dans les étoiles, nous dira t-il.
[ Dans son édition de vendredi, le magazine France Football révèle que le sélectionneur touchera une prime de qualification pour la Coupe du Monde de 862.000 euros versée par la FFF... de quoi l'encourager ! ]
Une histoire belge.
Le match de mercredi était une histoire belge pour la France. Incapable de marquer le premier but. Puis incapable de revenir à la marque quand les Irlandais s’offrent l’ouverture du score dans le prestigieux Stade de France qui avait vu la France gagner 3 buts à 0 contre le Brésil en 1998.
Il aura fallut attendre un double hors-jeu et une double main de Thierry Henry sur coup franc pour que la France sorte finalement de son trou qui risquait de signifier la fin du rêve sud-africain pour les Bleus.
Une main ? Quelle main ?
Evidemment, on peut sortir toutes les mains de l’histoire du football que l’on veut pour dire “allons, ce n’est pas la premiere fois qu’on voit cela”, “Maradona l’a fait avant lui en 1986″, etc. Mais il faudrait bien un jour mettre une fin à ce comportement d’anti-jeu. Et bien pourquoi pas aujourd’hui ?
Footballeurs : les nouveaux rôles-modèles.
Il faut aussi voir quel rôle-modèle Thierry Henry devient pour tous les gamins qui feront la même chose samedi ou dimanche dans leurs clubs respectifs, et qui diront aux arbitres et à leurs entraineurs que Thierry Henry l’a fait en direct à la télévision, que personne n’a rien dit, et que cela a surtout permis à la France de se qualifier pour la Coupe du Monde !
Après Zidane, autre rôle-modèle qui a donné un coup de boule en finale de la Coupe du Monde en 2006, et que tous encore aujourd’hui regardent comme un héros (!!!???!!!), voici donc Thierry Henry ! Qui sera le prochain sur la liste ???
Tony Cascarino, ancien joueur de l’Olympique de Marseille, a écrit dans sa chronique du Times que “Thierry Henry est un tricheur hypocrite qui a terni sa réputation pour de bon”.
La victoire aux tricheurs ?
Non… désolé… Cette équipe de France ne méritait certainement pas de se qualifier ni sur ce match, ni sur la saison de qualification qu’elle a osé faire.
Le miracle de la main de Thierry Henry, “The Hand of Frog” (la main de la grenouille), comme le dit si bien ce matin un journal irlandais, le Belfast Telegraph (http://bit.ly/HandOfFrog), ne va apporter qu’une seule chose aux Français : amener le monde entier à regarder l’Equipe de France comme une équipe de tricheurs qui s’est qualifiée en usant de la main ! Et personne ne viendra parler de “la Main de Dieu” comme le titre le journal L’Equipe aujourd’hui.
Par conséquent, la FIFA devrait se réunir et décider de sanctionner la France pour cette tricherie (d’autant que Thierry Henry l’a lui-même avoué à la presse : “Je l’ai touchée de la main, mais je ne suis pas l’arbitre…”), en la disqualifiant de la Coupe du Monde.
Et la vidéo dans tout cela ?
Michel Platini, Président de l’UEFA, est contre. Mais pouquoi ne pas profiter de l’occasion pour finalement introduire officiellement la vidéo dans les grands matchs internationaux afin de ne plus se retrouver dans ce genre de situation ?
Toujours dans le domaine de la vidéo, mais dans un autre registre, il y a le jounal Times qui publiait aujourd’hui un article sur Thierry Henry et les supporters irlandais qui souhaitent boycotter les produits pour lesquels le joueur fait de la publicité. Soudain, une publicité pour la bière irlandaise Guinness explose dans le nez de Thierry Henry… admirez plutôt l’effet qui n’était pas prémédité !
Allez… on la rejoue ?
Le ministre irlandais de la Justice, Dermot Ahern, a quant-à lui demandé à la FIFA de rejouer le match retour des barrages perdu par l’Irlande, en faisant appel au conseil d’administration de la FIFA. “Ils ne l’accepteront sûrement pas. Ils n’ont jamais accepté ce genre de choses dans le football, mais nous devons essayer”, a-t-il déclaré, avant d’ajouter que “des milliers de jeunes irlandais sont dévastés. Et si on ne rejoue pas le match, on leur explique qu’il faut tricher pour gagner.” Le ministre estime qu’il a d’autant plus le droit de demander un “replay” que Thierry Henry a admis sa faute.
La Fédération Irlandaise a elle aussi fait appel auprès de la FIFA et aimerait que le match soit rejoué : “Cette décision grossièrement incorrecte de l’arbitre a mis à mal l’intégrité du sport et nous demandons désormais à la FIFA, en tant qu’instance mondiale de notre sport, de faire en sorte que ce match soit rejoué”, indique d’ailleurs un communiqué de la fédération.
Pourquoi pas ?
Enfin, un groupe existe sur Facebook pour demander à la FIFA, à l’aide d’une pétition, de rejouer le match : rejoignez-le…
Ce n’est qu’un jeu…
Pour terminer, n’oublions pas que tout cela n’est qu’un jeu, bien que cela se joue également en millions d’euros entre les sponsors, les férérations, les bonus des joueurs, etc.
Mais il y a bien d’autres problèmes dans le monde qui méritent certainement un peu plus de couverture médiatique qu’un simple match de football. Et puis n’oublions pas que Nicolas Sarkozy est toujours président de la France, que le Sida est une maladie qui tue toujours, que des millions de personnes vivent sans-abri devant nos portes et ailleurs, que des millions de personnes meurent tous les jours de faim dans de nombreux pays dans le monde, etc.
Et puis il parait, c’est une information confirmée par Raymond Domenech, que la fin du monde est pour le 21 décembre 2012 ! Alors…
Que s’est-il passé ce week-end sur la télévision bolivienne ? Peu importe, diront beaucoup… c’est probablement la même chose que sur la plupart des télévisions du monde entier : il n’y a pas grand chose d’intéressant!
Pourtant le journal télévisé de la chaîne RED PAT, a osé présenter en direct des images dont la journaliste a affirmé qu’elles avaient été prises dans l’Airbus A330 d’Air France qui a disparu en mer durant le vol Rio-Paris, le 1er juin dernier!
La journaliste a ajouté que les photos avaient été prises par un passager du vol 447, au moment même où l’avion se coupait en deux. Photos qui auraient été ensuite retrouvées par les sauveteurs Brésiliens dans l’Océan Atlantique.
Ces photos que la RED PAT présentait alors comme “exclusives” sont en fait des images tirées de la série télé américaine LOST!
Ces deux photos circulaient déjà depuis quelques temps sur le réseau social mondial Facebook. De plus, les deux photos montrent bien un ciel bleu à l’arrière de l’avion… or le vol 447 d’Air France s’est essuyé en mer pendant la nuit! Preuve s’il en fallait que les journalistes boliviens de RED PAT n’ont pas fait leur travail de recherche et de regroupement de sources correctement avant de montrer les images en direct, et se sont tout simplement lancés dans du sensationnalisme gratuit ! C’est ce que l’on appelle vulgairement un “Zub” (un “Buzz“ qui explose en pleine tête de son auteur!).
Si les Boliviens de RED PAT sont tombés dans le panneau, ils n’étaient pas les seuls : une télévision polonaise et une radio hollandaise ont également été victimes de la supercherie envoyée par email…
Voici la vidéo du journal télévisé de RED PAT :
Voici un clip de la série LOST (arrêtez la vidéo à 0.43 pour voir les images montrées par la télévision bolivienne) :
La chaîne de télévision japonaise Fuji TV a diffusé une vidéo ce vendredi montrant Kenji Nagai, un journaliste japonais assassiné par un soldat de la junte militaire birmane. Le journaliste a été retrouvé mort jeudi, lors du deuxième jour de répression en Myanmar (nom officiel de la Birmanie). Et selon les images, il aurait été tué à bout portant, d’une balle en plein cœur.
Les images de Fuji TV montrent tout d’abord des soldats chargeant contre des manifestants dans les rues de Rangoun. Puis lors d’un zoom de la caméra, on aperçoit un militaire qui pousse un homme à terre - le journaliste japonais portant un bermuda et des sandales – avant que l’image ne soit masquée par les arbres. Bien qu’étalé sur le sol, le journaliste tente de récupérer sa caméra, mais un soldat pointe son arme vers lui, puis une détonation retentit. Kenji Nagai est tué froidement. Le militaire repart ensuite à la poursuite de manifestants.
Une balle dans le cœur, ressortie par le dos.
Selon la chaine nippone, la vidéo prouve que Kenji Nagai n’a pas été victime d’une balle perdue, mais d’un assassinat. Le médecin de l’ambassade du Japon en Birmanie a par ailleurs affirmé que la balle qui l’a tué lui avait transpercé le cœur avant de sortir par le dos.
Kenji Nagai, 50 ans, était un photojournaliste employé par l’agence audiovisuelle japonaise APF News. Habitué des zones de conflit comme le Moyen-orient, il était arrivé en Birmanie deux jours avant que la junte militaire birmane n’attaque les manifestants. Professionnel jusqu’au bout et bien qu’à terre et grièvement blessé, Nagai a semble t-il continué à prendre des photos avec son appareil jusqu’à son dernier souffle.
Reporters Sans Frontières (R.S.F.) a évidemment condamné le meurtre de Nagai affirmant que, parce qu’il avait un appareil photo dans les main au moment de l’attaque, il s’était identifié comme étant un journaliste. L’organisation et la Burma Media Association ont par ailleurs demandé au nouveau nouveau Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, d’imposer des sanctions au régime militaire tant que les auteurs de cet assassinat n’auront pas été jugés. Ce dernier, s’il a également condamné cet assassinat et demandé des explications au gouvernement birman qui a lui affirmé que Nagai avait été victime d’une simple balle perdue, a écarté la mise en place de sanctions.
Black out et chasse aux journalistes étrangers
R.S.F. a par ailleurs fait savoir que selon ses sources, “tous les cafés Internet ont été fermés et les militaires chassent les journalistes étrangers qui continuent à travailler sur le terrain. Au moins l’un d’entre eux a été contraint de se réfugier dans une ambassade et un autre d’entrer dans la clandestinité.” L’organisation a également ajouté que “des journalistes présents à Rangoon ont expliqué qu’il était pratiquement impossible d’accéder au centre-ville. Certains ont été témoins de plusieurs arrestations et de violences contre des civils. Toujours selon ces témoignages, de nombreux groupes de manifestants continuent de se former.”
Ce 30 septembre, le correspondant birman du quotidien japonais Tokyo Shimbun et trois jeunes journalistes birmans ont été arrêtés par les forces de sécurité de la junte militaire. Des arrestations portant maintenant à dix le nombre de journalistes emprisonnés en Birmanie. Au total, depuis le début des manifestations il y a un mois, plus de mille personnes ont été arrêtées, dont les moines pacifistes qui furent à l’origine des événements.
Pour comprendre ô combien la Birmanie respecte les droits de l’homme et la liberté d’expression, dans ce pays un journaliste peut écoper de sept ans de prison pour le simple fait de posséder, sans autorisation, un fax, une caméra vidéo, un modem ou un exemplaire d’une publication interdite…
Lisez le rapport 2006 de Reporters Sans Frontières… (page 66 – Birmanie)