L’histoire oubliée (cachée) de la Bretagne…

Entre le 4è et le 5è siècle, fuyant les Anglo-saxons, les Bretons de Grande-Bretagne passèrent la Manche pour se réfugier dans la presqu'île armoricaine.

Entre le 4è et le 5è siècle, fuyant les Anglo-saxons, les Bretons de Grande-Bretagne passèrent la Manche pour se réfugier dans la presqu'île armoricaine.

Tous les ans, le 19 Mai, les Bretons du monde entier fêtent “Gouel Erwan” (la Saint-Yves), c’est-à-dire la fête nationale bretonne, l’équivalent de la Saint-Patrick pour les Irlandais! Cette fête se déroulait cette année du 15 au 24 Mai, au travers de plus de 200 événements en Bretagne et ailleurs dans le monde.

Mais une autre date, tout aussi importante, est de plus en plus célébrée en Bretagne, celle du 22 Novembre. C’est en effet le 22 Novembre 845, à Bains-sur-Oust, qu’eut lieu la victoire de Ballon. Le Comte de Vannes, Nominoë, infligea une cuisante défaite au roi des Francs, Charles le Chauve. La victoire remportée scella l’unité du Royaume de Bretagne et inaugura une période d’indépendance qui ne devait s’achever qu’en 1488.

LA BRETAGNE ? PAS SEULEMENT LE PAYS DES CREPES !

Voici donc une excellente occasion de revenir sur ce qui a fait de la Bretagne ce qu’elle est aujourd’hui… Car de nos jours, la Bretagne est surtout connue pour ses crêpes, ses galettes, ses paysages de campagne, pour ses maisons anciennes achetées par des Britanniques, voire pour son football (surtout depuis la finale de la Coupe de France de football qui opposa pour la première fois deux équipes bretonnes, Guingamp et Rennes).

Mais saviez-vous que la Bretagne est surtout un ancien Royaume celte et Duché indépendant qui ne fut rattaché à la France qu’en 1532 ? La Bretagne n’est donc française que depuis 477 ans !

DES RACINES BRITANNIQUES

Avant sa conquête romaine, les anciens habitants de la Grande-Bretagne, les Bretons, comprenaient de nombreux peuples et tribus celtes, en particuliers dans le sud et à l’embouchure de la Tamise.

Entre le 4è et le 5è siècle, fuyant des massacres perpétrés par leurs ennemis Anglo-saxons, supérieurs en nombre, les Bretons de Grande-Bretagne passèrent la Mor Breizh (« Mer de Bretagne », nom qu’ils donnaient à la Manche, et que celle-ci porte d’ailleurs toujours en langue bretonne) pour se réfugier dans la presqu’île armoricaine. Cet exode et le peuplement de l’Armorique par les Bretons sont des événement totalement inconnus de nos jours des Français ou des Britanniques. Tout comme est inconnu (ou ignoré) le fait que les Bretons nommèrent la péninsule armoricaine « petite Bretagne », avant qu’elle ne devienne tout simplement Bretagne (il existe encore de nos jours, à Londres, une rue se nommant Little Britain - Petite Bretagne - dans laquelle s’était autrefois établie l’Ambassade du Duché de Bretagne).

Les Bretons exilés contribuèrent à la création de la langue bretonne, le Brezhoneg, qui est une langue celtique, sœur du Gallois et du Cornouaillais. Saviez-vous d’ailleurs que le Breton est beaucoup plus ancien que le Français ? Le texte plus ancien en langue bretonne date de 590, tandis que le texte le plus ancien en Français date de 843, c’est-à-dire plus de 250 ans plus tard !

UN ROYAUME INDEPENDANT

Statue of Nominoe in Bains-sur-Oust

Statue de Nominöe à Bains-sur-Oust

Depuis leur arrivée en Armorique, les Bretons vivaient surtout en tribus et se mélangeaient avec les autochtones. Et c’est Nominoë (Nevenoe en Breton), Comte de Vannes et premier Duc de Bretagne, qui créa le premier Royaume de Bretagne en 845. Un Royaume uni et indépendant, créé après que les Bretons aient vaincu l’armée du Roi de France, lors de la bataille de Ballon. Nominoë est connu depuis comme le “Père de la Nation” bretonne (“Tad ar Vro”). Il fut couronné Roi de Bretagne à la Cathédrale de Dol en février 848.

Alors qu’ils venaient de défaire une seconde fois l’armée française, en 851, sous le Roi Erispoë (fils de Nominoë), le contrôle des villes de Rennes, Nantes et du Pays de Retz fut garanti et, par-conséquent, le Roi Charles-le-Chauve dut reconnaître l’indépendance de la Bretagne et définir sa frontière avec la France.

QUAND LES FRANÇAIS ENVAHIRENT “FINALEMENT” LA BRETAGNE

Les Français avaient-ils peur des Bretons ? Il fallut attendre 1488 (plus de 600 ans plus tard) pour que l’Armée française ne parvienne finalement à défaire l’Armée bretonne, avec l’aide de 5.000 mercenaires Suisses et Italiens. Après la défaite des Bretons lors de la Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, le traité de Sablé dit « traité du Verger » est signé par Charles VIII, Roi de France, et François II, Duc de Bretagne le 19 août 1488. Il stipule que l’héritière du Duché ne peut se marier sans l’accord du roi de France.

LA COLONISATION DE LA BRETAGNE

Dans son livre “La fin des terroirs. La modernisation de la France rurale”, l’historien américain Eugen Weber pointait en ces termes les conséquences de la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier : « Après l’union forcée avec la France, les villes bretonnes furent envahies par des Français qui écrasèrent ou même remplacèrent les commerçants locaux, francisèrent les gens qu’ils employaient ou touchaient d’une autre façon. Les ports du roi comme Lorient ou Brest, étaient des villes de garnison en territoire étranger et le terme de colonie était fréquemment employé pour les décrire ».

Les Français forcèrent donc le Duc de Bretagne François II à se soumettre à un traité donnant au Roi de France le droit de déterminer qui la fille du Duc devait épouser. La Duchesse Anne, 12 ans, était l’unique héritière du Duc et fut également la dernière souveraine indépendante du Duché. Elle fut finalement obligée d’épouser le Roi de France Louis XII.

Bien qu’à sa mort, le Duché devait être transmis à sa fille, la Bretagne fut en fait incorporée dans le Royaume de France en 1532 par le Roi de France François 1er, à travers l’Edit d’Union entre la Bretagne et la France. La Bretagne devint alors un Duché colonisé, ne retenant que certains “privilèges” (législation et impôts spécifiques).

Pour en savoir plus sur les guerres entre la Bretagne et la France, cliquez ici…

DIVISER POUR MIEUX REGNER
(OU LA FIN DE LA BRETAGNE INDEPENDANTE…)

Après l’Edit de 1532, la Bretagne conserva donc tout de même une certaine autonomie fiscale et administrative. Mais lorsque la Révolution française éclata, l’Assemblée nationale constituante unanimement proclama la fin des privilèges féodaux. Le 4 août 1789, furent abolis tous les privilèges en France. La Révolution française de 1789 marqua ainsi la perte totale d’autonomie de la Bretagne en cassant l’Edit d’Union de 1532 qui garantissait cette même autonomie. La Bretagne devint alors totalement “française” !

La Révolution française n’apporta rien de bon aux Bretons puisque, après avoir perdu leur autonomie, ils se virent imposer que leur territoire soit divisé en 5 “départements”. Sous la monarchie, les rois français ne se souciaient guère des langues minoritaires, comme le Breton. Et se sont encore une fois les révolutionnaires qui introduisirent une politique de préférence à l’égard de la langue française par rapport à ce qu’ils nommèrent “patois”. Selon eux, en effet, les monarchistes préféraient les langues régionales de manière à garder les masses populaires et paysannes mal-informées.

Après la Révolution de 1789, l’histoire de la Bretagne, sa langue et sa culture furent étouffées, exterminées et extirpées des livres scolaires et des classes des écoles publiques, pour près de 200 ans. Autre exemple du déshonneur que durent subir les Bretons pendant plusieurs décennies : les affiches dans les rues bretonnes aux slogans humiliants, tels que : “Il est interdit de cracher dans la rue et de parler Breton !”

LA CULTURE BRETONNE N’EST PAS MORTE

Les Bretons ont toujours été fiers de leur terre, de leur langue et de leur culture. Et leur courage est aussi bien connu : les Bretons ont beaucoup émigré partout dans le monde, à diverses époques de leur histoire. Saviez-vous par exemple que la majorité de l’armée de Guillaume le Conquérant qui envahit l’Angleterre en 1066 était en fait bretonne ?

A travers l’adversité, les Bretons ont toujours gardé leurs traditions et leur culture vivantes. Cela les a d’ailleurs rendu plus fort. En 1897, François Jaffrenou écrivit l’hymne de la Bretagne, le “Bro Gozh ma Zadoù” (“Vieille terre de mes ancêtres”). La musique est du Gallois James James. En 1923, Morvan Marchal créa quant-à lui le drapeau de la Bretagne, le Gwenn-ha-du (ce qui signifie blanc et noir en Breton).

COMMENT LA FRANCE DIVISA UN PEU PLUS LA BRETAGNE…

En 1941, la majorité de la France était occupée par les Nazis. Le régime de Vichy du Maréchal Pétain (dictateur collaborationniste qui offrit la France à Hitler), créa les “régions” françaises. La Bretagne fut alors amputée d’1/5 de son territoire et perdit la région nantaise qui avait toujours fait part de son territoire historique. Nantes fut incorporée dans une nouvelle “région” créée pour l’occasion avec d’autre provinces historiques. Le gouvernement fasciste créa alors “Les Pays de la Loire”… Et il faut avouer qu’il paraît bien étrange que cette création pétainiste existe encore aujourd’hui !

Après 200 ans de souveraineté française, l’unité bretonne devint quelque chose du passé…

(à suivre…)

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“Bro Gozh ma Zadou”, par Tri Yann
(l’hymne national breton)

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[ article également publié sur les magazines : BrooWaha Paris,
Agoravox, AmeriQuebec & LePost.fr ]

Michael Jackson en couv du TIME

Couverture du TIME, Lundi 29 Juin 2009TIME magazine va sortir un numéro spécial ce lundi avec en couverture Michael Jackson.

La dernière fois que TIME magazine a publié un numéro spécial entre deux sorties hebdomadaires date de quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001.

Retrouvez ici le mini-site spécial Michael Jackson du TIME magazine.

Coupe de France: Rennes attendra encore…

(Copyright (c) 2009, BLMPress - Tous droits réservés... - Photo: O. PAQUET)Ce samedi, les joueurs du Stade Rennais sont complètement passés à côté de leur match. 38 ans qu’ils attendaient une victoire en finale de la Coupe de France… et ce ne fut pas encore pour cette fois !

A Rennes, l’ambiance était bonne enfant. Les supporters s’étaient retrouvés en masse (plus de 30.000) sur l’Esplanade Charles de Gaulle, où un écran géant les attendaient pour assister au match.

(Photo: O. PAQUET. Copyrights © 2009, BLMPress - Tous droits réservés...)Sur l’écran géant, les supporters furent évidemment surpris de voir apparaître le Président Nicolas Sarkozy, qui semblaient ne pas vraiment s’intéresser au match avant de s’y rendre, puisque l’Elysée avait signifier le jour précédent la finale qu’il ne se trouverait pas au Stade de France…

Plus attendue et certainement plus appréciée fut l’apparition à la mi-temps du match de l’attaquant Rennais, Jimmy Briand, qui s’est blessé au genou il y a quelques semaines lors d’un entraînement avec l’équipe de France.

(Photo: O. PAQUET. Copyrights © 2009, BLMPress - Tous droits réservés...)Les premiers frissons dans le dos furent pour les supporters Rennais, après les incursions guingampaises du Brésilien Eduardo, en première mi-temps. Puis la frappe sur la barre de Jerome Leroy.

Mais en deuxième mi-temps, les Rennais se montrant plus entreprenant obtiennent le résultat qu’ils espéraient : un but de l’Américain Bocanegra sur un corner.

Pris par l’euphorie du but qu’ils venaient d’inscrire, les joueurs du SRFC se sont laissés aller et les Guingampais ont immédiatement égalisé. Et les malheureux supporters Rennais devant leur écran géant n’ont rien vu de ce but, tant ils chantaient que la victoire leur ouvrait grand les bras après le but de Bocanegra ! Sans parler des flashs des photographes et des chaines de télévisions qui filmaient le public…

Désillusion totale donc, surtout lorsque les Guingampais inscrivirent leur second but, synonyme de victoire de l’EA de Guingamp !

(Photo: O. PAQUET. Copyrights © 2009, BLMPress - Tous droits réservés...)L’Esplanade Charles de Gaulle de Rennes s’est cependant vidée très lentement après le coup de sifflet final de l’arbitre. Les supporters Rennais et Guingampais s’embrassaient comme des frères qu’ils étaient. Guingamp avait été plus fort et les Rennais le reconnaissaient bien volontiers. Un arbitre impartial qui a, par ailleurs, permis aux 22 acteurs de cette finale de jouer un football magnifique, de s’exprimer comme il se doit et le tout dans une atmosphère bretonnante vraiment bonne enfant.

(Photo: O. PAQUET. Copyrights © 2009, BLMPress - Tous droits réservés...)Les rues de Rennes ne se sont pas vidées rapidement non plus, parce qu’en Bretagne, une victoire bretonne est une victoire de toute façon ! Les bars se sont remplis, la boisson s’est remise à couler et la musique bretonne a repris…

Rennes n’a certes pas gagné sa troisième finale de Coupe de France, mais ce n’est que partie remise. Guy Lacombe sera t-il toujours entraîneur l’an prochain ? La question reste posée. D’autant que “Moustache” s’en prenait aux journalistes et au public du Stade Rennais, quelques minutes seulement après la fin du match. Lui seul s’en est allé en colère ! Dommage !

Mais les supporters du SRFC seront eux présent encore pour de nouveau rêver à une Coupe de France qu’ils attendent depuis 1971. Allez… on n’est plus à une année près !

Le Stade Rennais attendra encore...

(Photographies : O. PAQUET. Copyrights © 2009, BLMPress – Tous droits réservés…)

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LeMonde.fr, CentPapiers, AmeriQuebec, Agoravox, Yahoo! Actualités ]

Rio : symbole de la violence au Brésil

Le 21 juin dernier, j’écrivais la première partie d’un dossier consacré au Brésil (cf. Un autre Brésil), dans laquelle j’argumentais sur les sérieux problèmes de pauvreté et de criminalité que rencontre le pays. Suivons une fois de plus la dur réalité telle qu’elle est vécue sur place…

Cimetière sur CopacabanaCe matin, des volontaires du mouvement Rio de Paz (“Rivière de Paix”) ont fait de la plage de Copacabana, au sud de Rio de Janeiro, un véritable “cimetière”. La plage la plus célèbre au monde a en effet été couverte de 3.000 sacs en plastique noirs remplis de sable, pour protester contre la violence qui a fait 3.000 morts dans les 6 premiers mois de l’année 2007 dans le seul Etat de Rio de Janeiro…

Antônio Carlos Costa, coordinateur de Rio de Paz, a expliqué cette action symbolique en affirmant qu’une “ville qui peut s’unir pour organiser les Jeux Panaméricains (ndla. compétition multisports organisée tous les quatre ans, dans laquelle participent les athlètes des pays du continent américain – Rio a organisé les Jeux 2007 du 13 au 29 juillet dernier), qui furent une fête magnifique, peut également s’unir pour défendre la vie, pour que Rio de sangue (“la Rivière de sang”) se transforme en Rio de Paz (“la Rivière de Paix”)“.

Rio est de loin l’une des villes les plus violentes du monde avec un taux d’homicides extrêment élevé : 50 pour 100.000 habitants. Un taux de loin supérieur à celui du Brésil-même avec ses 23 pour 100.000 habitants, et pratiquement égal à celui de l’Afrique du Sud, dont le taux de 55 à 65 serait le plus élevé au monde (pour comparaison, la France a un taux de 0,7 !) . C’est pourquoi, à l’occasion des Jeux Panaméricains de cette année, celle que l’on surnomme au Brésil “Cidade maravilhosa” (“la ville merveilleuse”), avait reçu le support de 6.000 policiers d’élite de la Force de Sécurité Nationale, 3.000 policiers fédéraux et 15.000 policiers locaux. Mais les Jeux terminés, les renforts de sécurité ne se sont pas éternisés et ont abandonné Rio à ses démons.

Costa déplore que “malgré les efforts du gouverneur dans le domaine de la sécurité, le problème est un problème chronique, et il n’y a pas eu de changement significatif jusqu’à présent. Cette guerre, nous ne pouvons la gagner qu’avec l’appui de la population. C’est un défi pour notre société toute entière.”

Aujourd’hui, le président brésilien Lula da Silva a annoncé que son gouvernement allait investir près de 3,6 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour l’urbanisation et l’assainissement des favelas (bidonvilles) du pays. La capitale Brasilia et 12 régions seraient concernées. Lors de son annonce, Lula a déclaré : “Nous allons apporter de l’asphalte, de la lumière, des espaces de détente, pour pouvoir alléger les souffrances de millions de Brésiliens”.

Un cinquième des 6 millions d’habitants de Rio réside dans plus de 700 favelas. Un sixième pour les 11 millions d’habitants de Sao Paulo. Cela suffira t-il vraiment ?

3.000 morts dans les 6 premiers mois de 2007 dans l’Etat de Rio de Janeiro.

(légende de la photo : CHAMP DE BATAILLE – Rio pleure les 3.000 victimes de meurtres en 2007. Copacabana, 04.08.2007)

 [article également publié sur les magazines AgoraVox, CentPapiers,
Wikio et 1-Monde.com]

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